L’approche préconisée par La Maison Séjour est le féminisme intersectionnel. Elle regroupe deux concepts importants : l’approche féminisme et l’intersectionnalité.
Le premier, l’intervention féministe, se développe comme une alternative aux approches traditionnelles en santé mentale, qui se concentraient surtout sur les problèmes personnels et psychologiques des femmes. Au lieu de cela, l’intervention féministe propose de comprendre les difficultés des femmes à partir de leur contexte social, politique et économique.
Son idée centrale est que l’expérience personnelle des femmes est influencée par des structures sociales comme le sexisme, la répartition inégale du pouvoir, les normes de genre ou encore la violence envers les femmes. C’est ce que résume le principe bien connu : « le privé est politique ».
Les fondements de l’intervention féministe au Québec incluent :
- la valorisation du potentiel des femmes ;
- l’importance de leur histoire de vie pour comprendre leurs défis ;
- l’idée qu’elles peuvent reprendre du pouvoir sur leur vie ;
- des relations non hiérarchiques entre les intervenantes et les femmes ;
- une volonté de contribuer à un changement social durable.
En contexte d’intervention en maison d’hébergement, cette approche repose sur le principe fondamental que les femmes sont expertes de leur vécu et sur six valeurs importantes soit la sécurité des femmes, la dignité, l’autodétermination, la réappropriation du pouvoir d’Agir (empowerment), les rapports égalitaires, la solidarité et la justice sociale.
Le deuxième, l’intersectionnalité, est issu des théories féministes afro-américaine des années 90 aux États-Unis et repose sur un élément central : les formes d’oppression — comme le capitalisme, le colonialisme, le racisme, le patriarcat, l’âgisme et le capacitisme — se croisent et s’influencent mutuellement, créant des expériences spécifiques d’inégalités. Autrement dit, les femmes ne sont pas toutes égales entre elles et que certains groupes de femmes ont été silencés, invisibilisés ou marginalisés au sein des différents mouvements sociaux.
Dans les milieux d’hébergement, c’est d’à la fois remettre en question les rapports de pouvoirs au sein de l’intervention et de comprendre comment les différents systèmes d’oppressions agissent sur les femmes hébergées.
