Le scénario de protection aide à prévoir les gestes à poser dans différentes situations de violence conjugale afin d’augmenter le niveau de sécurité des victimes.
La sécurité avant tout
Rien n’est plus important que votre sécurité immédiate et celle de vos enfants. Le moment d’un départ peut être particulièrement sensible à ce niveau, car le.la partenaire violent.e sent qu’il.elle perd son emprise, et donc, il.elle risque d’augmenter l’intensité de sa violence pour la regagner. Voici quelques stratégies qui pourraient favoriser votre sécurité et faciliter vos démarches pour la suite. Si vous en avez l’occasion, il peut être utile de planifier votre départ avec de l’aide une intervenante spécialisée en violence conjugale. C’est une réflexion difficile à prendre, et avoir recours à une intervenante pourrait vous faciliter le chemin. Elle pourra vous accompagner pour :
- Préparer la sortie la plus sécuritaire possible (le moment, le rythme, l’annonce de votre départ à vos proches, à vos enfants, à votre partenaire, etc.);
- Réfléchir avec vous aux moyens possibles pour favoriser votre sécurité (se réfugier en maison d’hébergement, consulter un.e avocat.e, faire une demande d’indemnisation à l’IVAC, etc.);
Planifier des scénarios de protection pour vous et pour vos enfants
Des intervenantes sont disponibles gratuitement pour vous offrir leur soutien et pour vous accompagner dans les démarches que vous choisirez d’entreprendre. Elles respecteront vos décisions et ne mettront pas de pression sur vous. Elles sont disponibles dans l’ensemble du Québec, 24 heures sur 24, que vous souhaitiez vous réfugier en maison d’aide et d’hébergement, ou non. Pour entrer en contact avec l’une d’elles, contactez SOS violence conjugale par téléphone au 1 800 363-9010.
Partir avec ses enfants
Il est recommandé d’amener ses enfants avec soi lorsqu’on quitte une relation comportant de la violence conjugale. Il est important de savoir que le fait de ne pas amener les enfants avec soi au départ pourrait avoir des répercussions plus tard, dans les démarches de garde d’enfants par exemple. Les maisons d’hébergement sont des lieux pensés pour le bien-être des familles : il y a une salle de jeu, des jouets, des lits de bébé, des chaises hautes… et souvent, des ami.e.s ! Les intervenantes des maisons d’hébergement travaillent sans relâche pour faire en sorte que le séjour des mamans et de leurs enfants soit le plus confortable possible.
Désactiver la fonction de géolocalisation de vos appareils électroniques
Si vous quittez en amenant des appareils électroniques pouvant être géolocalisés (cellulaires, ordinateurs, tablettes, ipods, jeux électroniques, etc.), il est important de désactiver les fonctions de géolocalisation de chacun d’eux une fois que vous serez en sécurité. Par contre, assurez-vous de le faire avant d’arriver au lieu de votre hébergement, pour garder ce lieu confidentiel. Il est important de le faire, car certains partenaires violents utilisent ces fonctions pour retracer la victime ou les enfants. Si vous ne savez pas comment faire, une intervenante pourra vous assister par téléphone.
Explorer la possibilité de porter plainte au criminel
Certaines formes de violence conjugale sont de nature criminelle (les violences physiques, les menaces, plusieurs formes de violences sexuelles, certaines formes de violence économique, etc.). Porter plainte contre un.e partenaire violent.e peut faire partie des mesures permettant d’améliorer votre sécurité, mais est une décision qui comporte de nombreux enjeux. Des intervenantes sont disponibles pour vous accompagner dans cette réflexion également. En situation de danger immédiat, n’hésitez pas à faire le 911.
Préparer ses effets personnels
Si c’est possible, il peut être aidant de prendre le temps de préparer certains effets personnels qui pourront faciliter votre parcours pour la suite. Dans certaines situations, il peut être préférable de faire des copies (ou de prendre des photos) de certains documents plutôt que de prendre les originaux, afin d’éviter d’éveiller les soupçons d’un.e partenaire violent.e. Il pourrait aussi être plus sécuritaire de laisser votre sac de départ dans un lieu où votre partenaire n’a pas accès, au travail ou chez un.e ami.e par exemple.
S’il n’est pas possible de préparer des effets personnels à l’avance, soit par manque de temps ou encore parce qu’il y a un risque que votre partenaire s’en rende compte, ne le faites pas. Les intervenantes des maisons d’aide et d’hébergement pourront vous aider à trouver des moyens sécuritaires pour récupérer vos biens essentiels une fois que vous serez à l’abri.
