Le vrai obstacle au départ des femmes victimes de violence n’est pas la dépendance matérielle, mais la dépendance psychologique.
De nos jours, les femmes sont conscientes que la violence physique n’est pas acceptable, mais elles le sont bien moins en ce qui concerne la violence psychologique.
Les traces d’une agression physique finissent par s’estomper, tandis que les injures, les humiliations laissent des marques indélébiles.
Même si la personne a réussi à sortir de la relation abusive, les conséquences de la violence se prolongent dans un stress post-traumatique ; les souvenirs anxieux qui refont surface, la femme est enfermée en elle-même, sa perception que le monde extérieur est hostile, un sentiment de dévalorisation et une perte de confiance en soi à force de subir une disqualification permanente du conjoint.
Les conséquences de la violence familiale chez l’enfant sont multiples. Certains d’entre eux développeront ainsi une grande perméabilité à la violence et considérer celle-ci comme une façon normale de résoudre des conflits.
La violence n’a pas de sexe. Les femmes aussi savent être violentes et quand elles le peuvent, elles utilisent tout autant que les hommes les outils du pouvoir.
La difficulté qu’ont les femmes à quitter un conjoint violent peut s’expliquer en faisant le parallèle avec le syndrome de Stockholm. Un lien se crée entre la victime et le bourreau. Ce même phénomène a été observé entre les otages et leurs ravisseurs, lors d’une prise d’otage. La victime finit par accepter la situation et s’adapte à l’état mental de son conjoint. Elle devient d’accord avec ses justifications et la victime perd le sens de ce qui est bien ou mal. Ce syndrome est un mécanisme de protection pour les victimes, car cela les empêche de réagir violemment, ce qui mettrait en danger leur sécurité et celle de leurs enfants.
Les pires tyrans sont ceux qui savent se faire aimer.
